Accouplement chez l’écureuil terrestre: une histoire de taille

Traduction: Sarah Cubaynes

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Schindler, S., Neuhaus, P., Gaillard, J., & Coulson, T. (2013). The Influence of Nonrandom Mating on Population Growth The American Naturalist, 182 (1), 28-41 DOI: 10.1086/670753

La taille d’un animal affecte sa capacité de survie, sa fertilité ainsi que ses chances de reproduction. De plus, les espèces évoluent, et selon quels individus se reproduisent, et avec qui,  le cours de l’évolution sera différent.

L’écureuil terrestre spermophile de Colombie avec du matériel pour construire un nid. (c) Peter Neuhaus

L’écureuil terrestre spermophile de Colombie avec du matériel pour construire un nid.
(c) Peter Neuhaus

En dépit de l’importance de la taille et du mode d’accouplement des individus sur le devenir d’une population, aucune méthode ne permettait jusqu’ici l’étude simultanée de leur impact  sur la croissance d’une population.
Cela est maintenant possible, grâce au modèle développé par une équipe de chercheurs du Royaume-Uni, de France et du Canada permettant de traquer l’évolution de la taille sous différents modes d’accouplement.
Le modèle permet d’analyser les conséquences d’un appariement aléatoire versus un accouplement préférentiel pour un certain type de partenaire. Les chercheurs ont considéré les trois  cénarios suivants: une préférence pour des partenaires de taille similaire, une préférence pour des partenaires de taille très différente, ou une préférence de toutes les femelles  indépendamment de leur taille) pour les larges mâles.
Les scientifiques ont appliqué le modèle à l’écureuil terrestre de Colombie, un cas d’étude idéal de par son comportement d’accouplement plastique incluant potentiellement chacun des  rois scénarios d’accouplement préférentiel considérés.
Les résultats ont révélé qu’un changement du mode d’accouplement uniquement n’a qu’un effet limité sur la croissance de la population. Par contre, un accouplement non-aléatoire peut  voir des conséquences substantielles sur le taux de croissance de la population lorsqu’il existe des différences entre individus de sexe opposé dans la population.
Ces résultats sont d’autant plus importants qu’il existe des différences inter-sexe marquées chez beaucoup d’espèces, par exemple les mâles ont une durée de vie plus courte que les  emelles, les femelles investissent plus d’énergie dans leurs descendants que les mâles, ou encore le phénotype des descendants est plus influencé par celui de la mère que celui du père.
Ce nouveau modèle permet a présent aux chercheurs d’adresser ce type de questions.

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